En Bref
Un niveau record depuis plusieurs années

Le chiffre a de quoi marquer. En 2026, 42% des Français déclarent détenir un crédit à la consommation, soit 2 points de plus qu’un an plus tôt. Pour mesurer ce que cela représente, il faut remonter le fil des dernières années : un tel taux n’avait plus été atteint depuis 2020.
Ces données proviennent d’une étude menée par Cofidis avec CSA Research, réalisée en ligne auprès de 2 014 personnes entre le 2 et le 16 février 2026. L’échantillon est large et le constat clair : le recours au crédit conso repart à la hausse après plusieurs années plus calmes, porté par un regain de confiance des ménages et des taux qui restent accessibles.
Du côté de la Banque de France, les chiffres confirment la tendance. L’encours total du crédit à la consommation s’élève à 220 milliards d’euros fin avril 2026, avec une progression de 2,6% sur un an. La dynamique est donc bien réelle et ne tient pas qu’au ressenti des sondés. Reste à comprendre qui emprunte, pour quoi faire, et ce que ce mouvement dit vraiment de la santé financière des foyers.
Qui emprunte, et pour quoi ?

Tous les profils ne sont pas logés à la même enseigne. Les cadres sont en première ligne : plus d’un sur deux rembourse actuellement un crédit. Les 25-34 ans suivent de près, avec 54% qui envisagent d’emprunter dans les prochains mois, tandis que les foyers les plus modestes restent nettement plus réservés face à l’endettement.
Côté usages, l’automobile arrive en tête avec 36% des crédits, devant les travaux de rénovation (27%) et les dépenses imprévues (18%). Quant aux formules, le prêt personnel reste le grand favori à 52% des souscriptions, suivi du crédit renouvelable (27%), de la LOA (24%) et du paiement fractionné (19%).
Le montant moyen emprunté s’établit à 15 460 euros, en baisse de 266 euros par rapport à 2024, avec une médiane stable à 5 000 euros. Prenons l’exemple d’un jeune actif parisien de 28 ans qui veut s’équiper d’une voiture électrique : plutôt que d’immobiliser un apport, il choisit la LOA pour étaler ses mensualités et garder sa trésorerie disponible, en conservant la possibilité de racheter le véhicule en fin de contrat. Ce raisonnement explique en grande partie la montée en puissance de la location avec option d’achat chez les plus jeunes.
Retour de confiance des ménages ou fragilité masquée ?

Un signal positif ressort de l’étude : pour la première fois depuis 2012, les Français qui jugent leur pouvoir d’achat élevé (23%) sont plus nombreux que ceux qui l’estiment faible (20%). Ce regain de confiance accompagne naturellement la hausse du recours au crédit, les ménages se sentant plus à l’aise pour s’engager sur plusieurs années.
Mais ce chiffre mérite d’être lu avec prudence. L’embellie est portée avant tout par les ménages aisés, tandis que les foyers les plus modestes restent en retrait et ne profitent pas de la même dynamique. La moyenne nationale masque donc des situations très contrastées selon les niveaux de revenus, et une hausse du recours au crédit n’est pas forcément synonyme de bonne santé financière : elle peut tout aussi bien refléter une difficulté croissante à boucler les fins de mois.
Le contexte économique invite lui aussi à la nuance. L’inflation n’a pas disparu et les taux directeurs de la BCE restent sous tension, ce qui signifie qu’un retournement peut fragiliser rapidement les budgets les plus tendus.
Avant de souscrire, vérifiez votre taux d’endettement. La règle communément admise fixe un plafond à 35% des revenus nets : au-delà, le risque de surendettement grimpe, surtout si plusieurs crédits se cumulent. Un budget serré aujourd’hui peut vite devenir intenable au moindre imprévu.
Nouvelles règles du crédit conso à partir de novembre 2026

À partir du 20 novembre 2026, le cadre légal va évoluer significativement. Les paiements fractionnés à trois mois ou moins, ainsi que les mini-crédits de moins de 200 euros, seront assimilés à du crédit à la consommation à part entière, mettant fin à un vide juridique qui permettait à ces formules d’échapper aux règles classiques.
Les conséquences sont concrètes : une vérification de solvabilité deviendra obligatoire avant toute souscription, l’information pré-contractuelle devra être complète et transparente, et une alerte automatique se déclenchera dès que le taux d’endettement dépasse 35% ou en cas d’incidents de paiement répétés. Ces mesures découlent de la transposition d’une directive européenne, détaillée dans les nouvelles règles sur le crédit à la consommation publiées par Service-Public.fr.
L’objectif est de mieux protéger les consommateurs, en particulier les plus exposés au paiement fractionné, devenu courant lors des achats en ligne, afin d’éviter l’accumulation silencieuse de petites dettes qui, mises bout à bout, pèsent lourd sur un budget.
Profitez de l’entrée en vigueur de ces règles pour faire le point sur vos crédits en cours : listez vos mensualités, vos taux et vos échéances avant novembre 2026 pour repérer un éventuel déséquilibre et reprendre la main sur votre budget.
Avantages et inconvénients du crédit conso aujourd’hui
- Financement immédiat d’un projet sans puiser dans son épargne
- Taux fixes qui rendent les mensualités prévisibles
- Nouvelles protections renforcées dès novembre 2026
- Souscription simple et rapide en ligne
- Coût total du crédit souvent sous-estimé
- Risque de surendettement en cas de cumul de crédits
- Taux d’usure à 8,61% au-dessus de 6 000 euros au T2 2026
- Engagement étalé sur plusieurs années
Questions pratiques
Quel est le taux moyen d’un crédit à la consommation en 2026 ?
Le taux dépend du montant emprunté et du profil de l’emprunteur. La Banque de France fixe un taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximal légal au-delà duquel un prêt ne peut être accordé. Au deuxième trimestre 2026, ce plafond atteint 8,61% pour les crédits supérieurs à 6 000 euros, et le taux réellement proposé se situe généralement en dessous de cette limite.
Quels sont les risques du crédit conso si on emprunte trop ?
Le principal danger est le surendettement : quand les mensualités cumulées dépassent les capacités de remboursement, un simple imprévu peut faire basculer le budget. Le coût total du crédit, intérêts compris, est souvent sous-estimé au moment de la signature, et multiplier les crédits sans vision d’ensemble aggrave fortement ce risque.
Comment savoir si mon taux d’endettement est trop élevé ?
Le calcul est simple : additionnez l’ensemble de vos charges de crédit mensuelles, puis divisez ce total par vos revenus nets mensuels. Si le résultat dépasse 35%, votre taux d’endettement est considéré comme élevé, et la marge pour absorber un coup dur devient mince.
Le paiement en 3 ou 4 fois est-il vraiment un crédit à la consommation ?
Jusqu’à présent, le paiement fractionné échappait largement aux règles du crédit. Cela change à partir du 20 novembre 2026 : les paiements fractionnés sur trois mois ou moins seront assimilés à du crédit à la consommation, impliquant une vérification de solvabilité et une information complète avant l’achat.
Quelles sont les nouvelles protections pour les emprunteurs à partir de novembre 2026 ?
Trois mesures principales entrent en vigueur le 20 novembre 2026 : la vérification de solvabilité obligatoire avant toute souscription, une information pré-contractuelle complète, et une alerte automatique déclenchée si le taux d’endettement dépasse 35% ou en cas d’incidents de paiement répétés. Ces règles couvrent désormais aussi les mini-crédits et les paiements fractionnés.
En résumé
Le cap des 42% raconte une histoire à double face. D’un côté, des ménages plus confiants qui financent voiture, travaux ou projets du quotidien. De l’autre, une reprise inégale portée par les foyers aisés, sur fond d’inflation persistante.
Le crédit conso reste un outil utile quand il sert un projet réfléchi et tient dans un budget maîtrisé. Les nouvelles règles de novembre 2026 apporteront des garde-fous bienvenus.
À chacun d’en faire bon usage, en gardant l’œil sur ce taux d’endettement qui ne devrait jamais dépasser 35% des revenus nets.





