En Bref
Où en sont les taux immobiliers en juin 2026 ?

Après plusieurs mois de progression régulière, les taux de crédit immobilier marquent le pas en juin 2026. La hausse ne s’est pas arrêtée, mais elle s’est nettement essoufflée : là où les taux gagnaient 5 à 8 points de base en mai, la progression se limite désormais à 1 à 3 points selon les durées. Ce n’est pas encore une baisse, mais c’est un changement de rythme perceptible.
Voici les niveaux observés sur le marché ce mois-ci, en distinguant taux moyens et meilleurs taux accessibles aux profils solides :
| Durée | Taux moyen | Meilleur taux | Évolution / mai |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 3,04 % | 2,70 % | +1 pb |
| 15 ans | 3,25 % | 2,85 % | +2 pb |
| 20 ans | 3,47 % | 3,00 % | +2 pb |
| 25 ans | 3,53 % | 3,20 % | +1 pb |
L’écart entre le taux moyen et le meilleur taux dépasse désormais 0,50 point sur presque toutes les durées. Autrement dit, la banque choisie et la solidité du dossier pèsent bien plus lourd que le seul contexte de marché. Ce détail change tout dans une stratégie d’emprunt.
« La stabilisation des taux moyens autour de 3,20-3,50 % redonne de la visibilité aux emprunteurs. Les banques restent en compétition sur les bons profils. »
Pourquoi les taux se stabilisent-ils maintenant ?

Pour comprendre le mouvement de juin, il faut regarder l’OAT 10 ans, l’emprunt d’État français à dix ans que les banques utilisent comme référence pour calibrer leurs barèmes. Depuis le pic du mois de mai, où l’OAT a frôlé les 4 %, elle s’est repliée d’environ 20 points de base, pour se rapprocher des 3 %. Ce signal, même modeste, suffit à freiner les augmentations de taux sans pour autant les inverser.
Plusieurs facteurs jouent en parallèle derrière ce repli. La Banque de France publie régulièrement les taux d’intérêt de référence qui permettent de suivre cette évolution. L’inflation en zone euro se situe à 2,3 % en juin 2026, proche de la cible de 2 % fixée par la BCE. La décision de la BCE de relever son taux directeur de 0,25 point le 11 juin a d’abord provoqué une tension sur les marchés, avant que le marché intègre la décision et se stabilise.
Les tensions géopolitiques liées à la crise au Moyen-Orient avaient contribué à la hausse de mai, en poussant les prix de l’énergie à la hausse et en alimentant les anticipations d’inflation. Depuis fin mai, ces pressions se sont partiellement allégées, ce qui a permis à l’OAT de respirer.
Suivez l’évolution de l’OAT 10 ans avant de finaliser votre dossier. Une détente de 10 à 15 points de base se traduit généralement par une révision des barèmes bancaires dans les deux à trois semaines qui suivent.
Primo et secundo-accédants : des situations bien distinctes

Le marché du crédit immobilier en 2026 n’est pas uniforme. Deux populations d’emprunteurs vivent des réalités très différentes selon leur profil et leur projet.
Les primo-accédants qui achètent pour la première fois bénéficient dans certains cas de conditions spécifiques : Prêt à Taux Zéro élargi depuis début 2025 pour les zones tendues, dispositifs municipaux dans plusieurs grandes villes. Un couple de jeunes actifs parisiens avec des revenus de 4 500 euros nets par mois et 20 000 euros d’apport peut emprunter jusqu’à 250 000 euros sur 25 ans à un taux moyen de 3,53 %, pour une mensualité d’environ 1 245 euros. La contrainte reste le taux d’effort, plafonné à 35 % par le HCSF.
Les secundo-accédants, eux, font face à une problématique spécifique autour du prêt relais. Sa popularité a chuté de manière notable. Seulement 26 % des secundo-accédants y ont recours en 2026, contre 37 % l’année précédente. La raison est directe : avec des prix immobiliers en repli dans certains segments, jusqu’à 6-8 % dans les centres-villes les plus exposés, le risque de se retrouver avec un bien invendu qui pèse sur le budget est plus élevé. Beaucoup préfèrent vendre avant d’acheter, quitte à passer par une location temporaire.
- Hausse des taux ralentie : les barèmes bougent peu d’un mois à l’autre
- Banques en compétition active sur les bons profils
- Prix immobiliers corrigés dans certaines zones, meilleur pouvoir d’achat
- PTZ renforcé accessible aux primo-accédants en zones tendues
- Taux moyens encore élevés comparés à 2021-2022
- BCE toujours en mode restrictif, sans signal de baisse à court terme
- Prêt relais risqué dans un marché où les prix baissent
- Écarts importants entre banques : comparer est indispensable
Emprunter en juin 2026 : la bonne fenêtre ?

La question revient dans chaque dossier : vaut-il mieux signer maintenant ou attendre une hypothétique baisse des taux ? La réponse honnête est que personne ne peut prédire avec certitude ce que feront les taux d’ici septembre ou décembre 2026. Les projections actuelles convergent vers une stabilité dans un couloir de 3,10-3,60 %, sans retour rapide aux niveaux de 2021.
Ce qui est en revanche certain, c’est que le marché immobilier dans plusieurs grandes agglomérations a corrigé ses prix de 4 à 8 % depuis 2022. Attendre une baisse de taux de 0,20 point pour économiser 15 euros par mois sur une mensualité, alors que les prix peuvent repartir à la hausse dans les zones bien situées, n’est pas toujours une stratégie gagnante.
À Lyon 3e, un appartement T3 de 80 m² qui s’affichait à 420 000 euros en 2022 se négocie aujourd’hui entre 385 000 et 395 000 euros. Sur 20 ans à 3,47 %, la mensualité sur 390 000 euros (hors assurance) s’établit à environ 2 250 euros. Si le bien reprenait 5 % de valeur d’ici la fin de l’année dans ce secteur, l’économie réalisée sur le prix d’achat dépasserait largement celle d’une éventuelle baisse de taux.
Faites simuler votre dossier par au moins trois établissements différents : banque principale, banque en ligne, courtier en crédit. En juin 2026, l’écart entre la pire et la meilleure offre sur un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans peut atteindre 15 000 à 20 000 euros de coût total.
Le taux nominal affiché n’est pas le seul critère. Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) intègre l’assurance emprunteur, les frais de dossier et les garanties. Sur 25 ans, 0,10 point de différence sur l’assurance représente plusieurs milliers d’euros supplémentaires sur la durée totale.
Questions pratiques
Les taux immobiliers vont-ils baisser en 2026 ?
Aucun expert du crédit n’anticipe de baisse significative avant la fin de l’année 2026. Les prévisions pointent vers une stabilité entre 3,10 % et 3,60 % sur 20 ans. Une légère détente est possible si l’OAT 10 ans poursuit son repli, mais un retour aux taux de 2021-2022 n’est pas envisagé à ce stade.
Quel taux peut-on obtenir avec un bon dossier en juin 2026 ?
Un profil solide — revenus stables, apport de 20 % ou plus, taux d’endettement sous 30 % — peut négocier des taux inférieurs de 0,30 à 0,50 point aux moyennes affichées. Sur 20 ans, les meilleurs dossiers accèdent à des taux proches de 3,00 %, voire en dessous selon l’établissement.
Vaut-il mieux passer par un courtier en crédit immobilier ?
Dans un marché où les écarts entre banques dépassent 0,50 point, un courtier qui dispose d’accords avec plusieurs établissements améliore souvent le taux obtenu. Certains courtiers en ligne proposent ce service sans frais pour l’emprunteur si le crédit est accordé via leur plateforme.
Comment évolue la production de crédits immobiliers en 2026 ?
La production de crédits immobiliers a progressé de 6 % au premier trimestre 2026 par rapport au T1 2025, signe que le marché reprend malgré des taux toujours supérieurs à 3 %. Cette reprise reste fragile et concentrée sur les profils les mieux dotés financièrement.
Le Prêt à Taux Zéro est-il toujours disponible en 2026 ?
Oui. Le PTZ a été élargi depuis début 2025 pour les primo-accédants dans les zones tendues et dans le neuf sur tout le territoire. Il ne finance pas l’intégralité du bien, mais constitue un apport complémentaire notable pour réduire le coût global du crédit et améliorer son dossier.
En résumé
Juin 2026 marque une pause dans la hausse des taux immobiliers, pas une inversion. Les barèmes progressent encore, mais à un rythme nettement plus lent qu’en mai. L’OAT 10 ans donne des signaux encourageants, et les banques continuent de se concurrencer sur les meilleurs dossiers.
Pour les emprunteurs en position d’acheter, la priorité reste de comparer activement les offres plutôt que d’attendre une baisse qui n’est pas garantie. L’écart entre la meilleure et la moins bonne offre du marché est aujourd’hui plus significatif que la variation mensuelle des taux elle-même.
La fenêtre est raisonnablement favorable pour les profils solides. Pour les autres, consolider l’apport et réduire l’endettement avant de présenter un dossier demeure la stratégie la plus efficace sur ce marché.





