Ce lundi 13 juillet 2026, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont de nouveau mis en garde le public contre plusieurs plateformes non autorisées. Ces sites proposent en France des investissements sur le Forex non régulé et sur des produits dérivés adossés à des crypto-actifs, sans détenir l’autorisation requise pour le faire.
L’essentiel
Ce que révèle la mise en garde de l’AMF et de l’ACPR
Dans leur communiqué conjoint, les deux régulateurs rappellent qu’ils mettent régulièrement à jour deux listes noires distinctes : celle des sites proposant du Forex non régulé, et celle des plateformes offrant des produits dérivés dont le sous-jacent est un crypto-actif.
Depuis janvier 2026, 16 nouveaux noms de domaine sont venus grossir la première liste, et 15 la seconde. Ces sites n’ont ni l’agrément ni l’enregistrement qui leur permettraient de démarcher légalement des épargnants sur le territoire français.
L’AMF et l’ACPR précisent que ces listes ne sont jamais exhaustives : de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent en continu, parfois sous des noms proches de plateformes connues pour semer la confusion.
Pourquoi ces plateformes ciblent les épargnants en crypto ?
Le mécanisme reste souvent le même. Un site vitrine soigné met en avant des rendements garantis, largement supérieurs à ce que proposent les acteurs régulés. Un conseiller contacte la victime par téléphone ou par messagerie pour la rassurer et la pousser à déposer une première somme modeste.
Un tableau de bord affiche ensuite des gains fictifs, ce qui encourage de nouveaux versements. Les demandes de retrait, elles, se heurtent tôt ou tard à des frais imprévus ou à un blocage pur et simple du compte.
Depuis l’entrée en application du règlement européen MiCA, tout prestataire de services sur crypto-actifs doit détenir un agrément CASP (Crypto-Asset Service Provider) pour démarcher légalement en France. L’absence de cet agrément est en soi un signal d’alerte.
Comment vérifier qu’une plateforme crypto est autorisée en France ?
Avant de transférer le moindre euro, quelques vérifications simples permettent d’écarter la majorité des arnaques. Le registre REGAFI recense les établissements agréés par les autorités bancaires et financières françaises, tandis que l’ORIAS répertorie les intermédiaires habilités.
L’AMF publie de son côté, sur son espace épargnant, la liste actualisée des acteurs non autorisés en Forex et en crypto-actifs. Un nom absent des registres officiels, mais présent sur cette liste noire, doit clore la discussion.
Un dossier d’investissement qui insiste sur l’urgence, qui promet un rendement fixe sans aucun risque, ou qui refuse de communiquer un numéro d’agrément vérifiable constitue également un signal à prendre au sérieux, même si le site paraît fiable en apparence.
Que faire en cas de doute ou de dépôt déjà effectué ?
La première mesure consiste à arrêter tout nouveau versement, même face à l’insistance d’un conseiller. Contacter ensuite sa banque pour tenter de bloquer ou de contester un virement récent reste souvent la démarche la plus efficace dans les premiers jours.
Les épargnants peuvent aussi signaler la situation auprès d’AMF Épargne Info Service, ou sur la plateforme Pharos pour les contenus frauduleux en ligne. Ce rappel vaut particulièrement pour les crypto-actifs, dont la valeur reste par nature volatile : aucun placement, même auprès d’un acteur régulé, ne garantit un rendement fixe ni l’absence de perte en capital.
En résumé
L’AMF et l’ACPR confirment avoir ajouté 31 plateformes non autorisées à leurs listes noires Forex et crypto depuis le début de l’année 2026. Avant tout investissement, la vérification des registres officiels reste le réflexe le plus simple pour écarter un site frauduleux.





