En Bref
Un taux à 1 % pour financer une voiture électrique, ça semble presque trop beau. Pourtant, deux grandes banques françaises l’affichent noir sur blanc en 2026.
Le hic, c’est que ce chiffre cache des conditions précises, une durée limitée et un traitement très différent selon que le véhicule est électrique ou hybride rechargeable.
Voici ce que couvrent réellement ces offres, comment elles se comparent au marché classique, et comment les combiner avec les aides à l’achat encore actives cette année.
Pourquoi certaines banques financent-elles une voiture électrique à 1 % ?

Un crédit auto électrique à 1 % n’est pas une aide publique. C’est un produit commercial, que la banque conçoit pour attirer des clients sur un segment qu’elle juge porteur.
Concrètement, la banque accepte une marge très réduite sur ce prêt affecté, en pariant sur la fidélisation : ouverture d’un compte, souscription d’une assurance, ou simplement image de marque autour de la transition énergétique.
Le contraste est net avec le marché classique. En 2026, un crédit auto standard tourne plutôt entre 4,9 % et 8,2 % TAEG selon l’établissement, la durée et le profil emprunteur.
Avant de comparer les taux, vérifiez toujours si le crédit est affecté au véhicule (le déblocage des fonds dépend de l’achat) ou s’il s’agit d’un prêt personnel classique, plus souple mais rarement aussi bien noté.
Quelles banques proposent vraiment un taux à 1 % en 2026 ?

Au CIC, le crédit éco-mobilité affiche 1 % TAEG fixe pour un véhicule 100 % électrique, frais de dossier offerts.
La même formule grimpe à 5,01 % TAEG fixe pour une hybride rechargeable.
Le Crédit Mutuel, qui appartient au même groupe, propose une offre presque identique : 1 % TAEG fixe pour l’électrique, sans frais de dossier, jusqu’à 75 000 euros et sans apport exigé.
LCL suit une autre logique avec son prêt Mobilité Alternative, ouvert aux véhicules électriques et hybrides rechargeables sous 50 g de CO2/km.
Sur un exemple de 10 000 euros remboursés en 60 mois, le TAEG fixe ressort à 3,80 %.
| Établissement | Véhicule électrique | Véhicule hybride rechargeable | Montant / durée |
|---|---|---|---|
| CIC | 1 % TAEG fixe | 5,01 % TAEG fixe | jusqu’à 84 mois (neuf) |
| Crédit Mutuel | 1 % TAEG fixe | non communiqué | jusqu’à 75 000 €, sans apport |
| LCL (Mobilité Alternative) | 3,80 % TAEG fixe (exemple) | 3,80 % TAEG fixe (exemple) | 3 000 à 75 000 €, 6 à 120 mois |
| Crédit auto classique | 4,9 % à 8,2 % TAEG | 4,9 % à 8,2 % TAEG | variable selon profil |
Une voiture hybride rechargeable coûte-t-elle vraiment plus cher à financer ?

Chez CIC, l’écart entre les deux taux dépasse 4 points : 1 % pour l’électrique, 5,01 % pour l’hybride rechargeable.
Ce n’est pas un détail de communication, c’est un choix assumé.
Une hybride rechargeable garde un moteur thermique, ce qui la rend moins bien notée par les grilles environnementales des banques que la version 100 % électrique.
Concrètement, sur un même montant emprunté, la mensualité d’une hybride rechargeable financée à 5,01 % peut dépasser de plusieurs dizaines d’euros par mois celle d’une électrique empruntée à 1 %.
- Taux préférentiel le plus bas (1 % chez CIC et Crédit Mutuel)
- Bonus écologique 2026 potentiellement plus élevé
- Coût d’usage réduit (recharge, entretien)
- Taux nettement plus élevé chez CIC (5,01 %)
- Aide à l’achat souvent réduite ou absente
- Autonomie électrique limitée au quotidien
Un taux affiché à 1 % ne s’applique pas forcément à toutes les durées ni à tous les montants. Demandez systématiquement une offre écrite avant de comparer deux banques entre elles.
Le prêt à taux zéro mobilité (PTZ-m) existe-t-il encore en 2026 ?
Non. Le PTZ-m, dispositif porté par l’État pour les habitants des zones à faibles émissions mobilité, a pris fin le 31 décembre 2025.
Aucune prolongation n’a été annoncée depuis.
Ce prêt sans intérêt était distribué par des banques ayant signé une convention avec l’État, sous conditions de revenu fiscal de référence et de localisation en ZFE-m.
Beaucoup de contenus encore en ligne présentent le PTZ-m comme actif en 2026. Ce n’est plus le cas : les taux à 1 % dont il est question aujourd’hui viennent des banques elles-mêmes, pas de l’État.
Cette confusion coûte du temps à ceux qui cherchent un financement : mieux vaut se tourner directement vers les offres bancaires commerciales décrites plus haut.
Comment cumuler taux préférentiel et bonus écologique 2026 ?

Ce qu’on appelle encore le bonus écologique n’est plus géré par l’État depuis juillet 2025. Le dispositif est désormais financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE), via l’aide à l’achat d’un véhicule électrique présentée par le ministère de l’Économie.
Le barème 2026 dépend du revenu fiscal de référence par part : 5 700 euros sous 16 301 euros, 4 700 euros entre 16 301 et 26 300 euros, 3 500 euros au-delà.
Un surbonus de 1 200 à 2 000 euros s’ajoute si le véhicule embarque une batterie fabriquée en Europe.
Seuls les véhicules 100 % électriques neufs, vendus sous 47 000 euros, de moins de 2,4 tonnes et affichant un score environnemental ADEME d’au moins 60 points, restent éligibles.
Prenons un couple dont le revenu fiscal de référence est de 14 500 euros par part.
Il achète une citadine électrique à 28 000 euros et touche le bonus plein de 5 700 euros. Reste 22 300 euros à financer.
Sur 60 mois à 1 % TAEG fixe (Crédit Mutuel ou CIC), la mensualité tourne autour de 381 euros, pour un coût total du crédit d’environ 566 euros sur toute la durée, hors assurance.
Autre cas : un foyer dont le revenu fiscal de référence dépasse 26 300 euros.
Il touche seulement 3 500 euros de bonus sur le même véhicule, et doit financer 24 500 euros.
S’il passe par le prêt Mobilité Alternative de LCL à 3,80 % sur 60 mois, la mensualité approche 449 euros, pour un coût total du crédit proche de 2 458 euros hors assurance.
L’écart avec le premier scénario tient presque autant au taux qu’au montant emprunté.
Quelles conditions vérifier avant de signer ?
Le TAEG affiché intègre en théorie tous les frais liés au crédit, mais l’assurance emprunteur reste souvent facultative et se négocie à part.
Chez CIC par exemple, elle représentait début novembre 2025 une cotisation d’environ 14 euros par mois, pour un TAEA de 1,79 %.
Quel que soit l’établissement, le TAEG proposé ne peut jamais dépasser le taux d’usure calculé chaque trimestre par la Banque de France, publié au Journal officiel.
Demandez une simulation écrite à au moins trois établissements, sur les mêmes montant et durée, avant de choisir. Un taux affiché en tête de page n’est pas toujours celui qui vous sera réellement accordé.
Un crédit affecté au véhicule reste lié à cet achat précis. Si la vente n’a finalement pas lieu, le crédit tombe aussi, mais mieux vaut le vérifier auprès du prêteur avant de signer un bon de commande.
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Questions pratiques
Le taux à 1 % du CIC ou du Crédit Mutuel est-il réservé aux clients de la banque ?
Ce n’est pas annoncé comme une règle stricte, mais dans la pratique, ces offres préférentielles sont surtout mises en avant pour les clients existants ou ceux qui ouvrent un compte au moment du crédit. Le point se vérifie directement en agence avant de signer.
Peut-on financer une voiture électrique d’occasion au taux préférentiel ?
Cela dépend de l’établissement. Le prêt Mobilité Alternative de LCL couvre aussi bien le neuf que l’occasion, tandis que certaines offres éco-mobilité bancaires restent réservées aux véhicules neufs. Demandez confirmation avant de vous engager sur un véhicule d’occasion.
Le crédit à taux préférentiel se cumule-t-il avec le bonus écologique 2026 ?
Oui. Le crédit finance l’achat du véhicule et l’aide à l’achat vient en déduction du prix avant financement, ce qui réduit d’autant le montant à emprunter.
Le prêt à taux zéro mobilité (PTZ-m) va-t-il revenir en 2026 ?
Aucune annonce officielle ne va dans ce sens à ce jour. Le dispositif reste arrêté depuis le 31 décembre 2025, et les offres bancaires à 1 % décrites dans cet article n’ont aucun lien avec lui.
Faut-il un apport pour bénéficier du taux à 1 % ?
Non, ni le Crédit Mutuel ni le CIC n’exigent d’apport pour ce type de crédit. Un apport reste toutefois utile pour réduire la mensualité ou raccourcir la durée de remboursement.
En résumé
Un crédit voiture électrique à 1 % existe bel et bien en 2026, chez CIC et Crédit Mutuel, mais ce n’est ni une aide d’État ni un taux universel : il dépend de la banque, du véhicule et des conditions précises de l’offre.
Le vrai écart se joue entre électrique et hybride rechargeable, et entre les établissements eux-mêmes, avec un facteur de près de cinq à plus de huit entre le taux le plus bas et un crédit auto classique.
Avant de signer, comparez plusieurs offres écrites, vérifiez la durée réelle couverte par le taux préférentiel, et pensez à déduire l’aide à l’achat du montant à financer.





