Ce mardi 28 juillet 2026, les marchés boursiers mondiaux ont plongé à leur plus bas niveau depuis un mois : la Bourse de Séoul a perdu plus de 10 % après l’annonce d’une percée technologique chinoise dans la fabrication de puces. Le CAC 40 et les indices européens résistent, eux, portés par une avalanche de résultats d’entreprises.
L’essentiel
Pourquoi les marchés asiatiques ont-ils plongé le 28 juillet 2026 ?
La secousse part de Chine. L’entreprise Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie par ultraviolet profond (DUV), une technologie jusqu’ici maîtrisée exclusivement par le groupe néerlandais ASML.
Ces machines permettent de graver des circuits sur silicium pour fabriquer des puces électroniques. Les analystes estiment qu’il faudrait encore sept à dix ans à la Chine pour combler entièrement son retard technologique face à ASML, mais l’annonce a suffi à inquiéter les marchés.
Autre signal de cette montée en puissance : le fabricant chinois de puces mémoire CXMT, qui contrôle déjà 8 % du marché mondial de la DRAM, a vu son titre bondir d’environ 500 % lors de son entrée en Bourse à Shanghai le 27 juillet 2026.
La sanction est tombée en Asie dès le lendemain. Le Kospi sud-coréen a perdu plus de 10 % à la mi-journée, un plus bas de trois mois, entraînant Samsung Electronics (-12 %) et SK Hynix (-12 à -14 % selon les sources). À Tokyo, le Nikkei a cédé 4 %, et le japonais Kioxia a chuté de 18 %. À Wall Street, la veille, Nvidia avait déjà reculé de 4,99 % et AMD de 5,17 %.
Ce plongeon s’ajoute à des inquiétudes déjà présentes sur le financement circulaire des géants de l’intelligence artificielle et sur une possible hausse des taux de la Fed cette semaine, avec 32 % de probabilité annoncée par les marchés au moment de la publication.
Comment les Bourses européennes ont-elles réagi ?
L’Europe a plutôt bien encaissé le choc. Le CAC 40 a terminé le 28 juillet 2026 en hausse de 0,63 % à 8 458,78 points, sa troisième séance consécutive de gains. Francfort a pris 0,41 %, Londres 0,83 %, tandis que Milan reculait de 0,69 %.
Deux facteurs expliquent cette résistance. D’abord, une saison de résultats d’entreprises favorable : Orange a bondi de 4,6 % après avoir relevé ses objectifs 2026, et Safran a gagné 2,9 % dans la même dynamique.
Ensuite, un redéploiement des investisseurs vers des valeurs technologiques jugées moins exposées à la concurrence chinoise sur la mémoire : Capgemini a grimpé de 6,92 % et l’allemand SAP de 5,42 %.
Les valeurs les plus directement liées aux semi-conducteurs, elles, ont reculé : ASML a perdu 2,90 % à Amsterdam, tandis que Soitec et l’allemand Infineon Technologies ont aussi cédé du terrain à Paris et Francfort.
Quel impact concret pour votre épargne en actions ?
Si vous détenez des actions ou des parts d’ETF exposées au secteur des semi-conducteurs, en direct ou via un PEA, cet épisode se traduit par une baisse ponctuelle de la valeur de ces lignes, sans remettre en cause à lui seul la tendance de fond du secteur.
Le contraste entre l’Asie et l’Europe illustre concrètement pourquoi répartir son épargne entre plusieurs zones géographiques et plusieurs secteurs limite l’effet d’un choc localisé, ici concentré sur les fabricants de mémoire coréens et japonais plutôt que sur l’ensemble du marché.
Selon Boursorama, ce mouvement de marché reste avant tout lié à une crainte de concurrence chinoise, dont l’ampleur réelle sur plusieurs années reste incertaine.
La Réserve fédérale américaine se réunit cette semaine sur ses taux directeurs, un rendez-vous qui peut lui aussi peser sur la volatilité des marchés dans les prochains jours, indépendamment du dossier des semi-conducteurs.
En résumé
Le 28 juillet 2026, une percée technologique chinoise dans les puces a fait plonger les Bourses asiatiques, avec des pertes de plus de 10 % à Séoul. Le CAC 40 et les indices européens ont résisté grâce à une saison de résultats favorable, malgré un repli des valeurs les plus exposées aux semi-conducteurs comme ASML. Pour un épargnant en actions, l’épisode reste un rappel de l’intérêt de la diversification plutôt qu’un signal d’alarme généralisé.





