Le 11 juillet 2026, un document de travail du Fonds monétaire international, signé de l’économiste Brandon Joel Tan, avance que les stablecoins adossés au dollar peuvent accélérer les crises monétaires dans les pays à taux de change fixe ou étroitement administré, en poussant les habitants à abandonner leur monnaie locale au même moment.
L’essentiel
Que dit exactement le rapport du FMI ?
Intitulé « Stablecoins and Fragility in Fixed Exchange Rate Regimes », ce document de travail du FMI a été publié le 11 juillet 2026 par l’économiste Brandon Joel Tan. Il reflète une recherche individuelle et non une position officielle de l’institution.
L’étude modélise ce qui se passe dans les économies où l’accès officiel au dollar est rationné, un cas fréquent dans les pays à taux de change fixe ou étroitement administré. Elle chiffre le risque : dans une économie sans stablecoin, l’exposition moyenne à une crise de change est estimée à 3,9 %, contre 7,4 % lorsque les stablecoins sont largement utilisés. En cas de désalignement grave du taux de change officiel, cet écart se creuse encore, à 4,8 % contre 12,9 %.
Le FMI reconnaît toutefois un bénéfice en période calme : un gain de bien-être économique d’environ 1,2 % pour les populations qui accèdent au dollar via les stablecoins quand les canaux officiels sont fermés.
Comment les stablecoins peuvent accélérer une crise monétaire ?
Le mécanisme tient à la transparence du prix. Quand une monnaie locale est sous pression, le cours d’un stablecoin adossé au dollar sur les plateformes d’échange reflète en temps réel la rareté des devises.
Ce cours devient alors un signal public et immédiat, consulté par une large partie de la population via des applications mobiles. Dès que la pénurie devient visible, elle pousse un grand nombre de personnes à convertir leur monnaie locale au même moment, ce qui amplifie la sortie de capitaux plutôt que de l’amortir.
Le rapport cite l’exemple de la Bolivie : après la levée de restrictions en juin 2024, les transactions en actifs virtuels y ont été multipliées par douze entre juillet 2024 et mai 2025. En Argentine, dès 2024, l’usage massif de stablecoins dans des bureaux de change informels, les « cuevas », illustrait déjà ce même phénomène de contournement des circuits officiels.
Un stablecoin n’est « stable » que dans la mesure où son émetteur détient des réserves suffisantes et de qualité pour honorer les rachats. Ce n’est pas un actif sans risque, même si son cours reste indexé sur le dollar ou l’euro en temps normal.
Quelles conséquences pour un investisseur en France ?
Ce rapport vise en premier lieu les économies à taux de change fixe ou étroitement administré, souvent des marchés émergents où l’accès au dollar est rationné. La zone euro fonctionne avec un régime de change flottant, ce qui limite l’application directe du scénario décrit à un épargnant français.
Le signal reste néanmoins utile à suivre : il alimente une réflexion internationale sur le risque systémique des stablecoins, dans un contexte où la réglementation MiCA impose déjà aux émetteurs établis dans l’Union européenne des règles sur la composition et la disponibilité de leurs réserves.
Pour un détenteur de stablecoins en France, la situation ne change rien dans l’immédiat, mais elle rappelle qu’il vaut mieux vérifier la qualité des réserves et le statut réglementaire de l’émetteur choisi plutôt que de considérer un stablecoin comme équivalent à un dépôt bancaire garanti.
Comme le détaille l’analyse de La Crypto Monnaie consacrée à ce rapport, le FMI recommande une approche de supervision qui dépend de l’état de l’économie concernée plutôt qu’une règle unique.
En résumé
Le FMI pointe, dans un document de travail daté du 11 juillet 2026, un risque d’accélération des crises monétaires lié à l’usage des stablecoins dans les pays à change administré. Le mécanisme repose sur la transparence du cours, qui agit comme un signal de pénurie de dollars et synchronise les sorties de capitaux.
Ce scénario concerne d’abord des économies émergentes hors zone euro, mais il nourrit le débat réglementaire international sur les stablecoins, dans un contexte européen déjà encadré par MiCA.





