Après trois vagues de canicule depuis le mois de mai, un sondage Rexecode confirme courant juillet qu’un quart des grandes entreprises françaises voit son activité perturbée par la chaleur, tandis que Bercy a abaissé le 7 juillet sa prévision de croissance du PIB pour 2026 de 0,9 % à 0,7 %.
L’essentiel
Une croissance revue à la baisse après trois vagues de chaleur
Le 7 juillet 2026, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a annoncé, lors d’une réunion du comité d’alerte des finances publiques, une révision de la prévision de croissance du PIB français pour 2026, comme l’a rapporté franceinfo.
Le gouvernement table désormais sur 0,7 %, contre 0,9 % anticipé quelques mois plus tôt.
Cette révision intervient après trois épisodes de canicule d’une fréquence, d’une durée et d’une intensité inhabituelles : un premier en mai, puis deux autres fin juin et début juillet.
Trains annulés, commerces désertés, chantiers arrêtés en pleine chaleur : ces épisodes ont pesé sur plusieurs secteurs à la fois, sur une courte période.
Ce que montre l’enquête de la Banque de France
Le 9 juillet 2026, la Banque de France a publié son enquête mensuelle de conjoncture, réalisée auprès de 8 500 entreprises interrogées entre le 26 juin et le 3 juillet.
L’institution relève sa prévision de croissance pour le deuxième trimestre à 0,2 %, contre une stagnation attendue lors de la publication précédente.
Les entreprises touchées par la vague de chaleur de la seconde quinzaine de juin ont le plus souvent adapté leurs horaires de travail plutôt que réduit leur volume d’activité.
L’industrie a ainsi regagné en vigueur en juin, après un mois de mai ralenti par le calendrier des jours fériés.
Une croissance trimestrielle de 0,2 % reste positive : il ne s’agit pas d’une récession, mais d’un ralentissement du rythme espéré en début d’année.
Un quart des grandes entreprises touchées, l’agriculture en première ligne
Selon un sondage Rexecode réalisé en juillet auprès du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire et de l’Association française des trésoriers d’entreprise, 28 % des grandes entreprises et ETI déclarent une activité affectée par la chaleur.
À l’inverse, 5 % rapportent un effet positif, souvent lié à une hausse de la consommation de boissons ou du recours à la climatisation, tandis que 49 % ne constatent aucun impact.
L’agriculture reste le secteur le plus exposé : le ministère de l’Agriculture évalue le recul de la moisson de blé à 4 % cette année, malgré des surfaces semées plus importantes.
Selon Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, une baisse de 10 % de la valeur ajoutée agricole retirerait entre 0,1 et 0,2 point de PIB à l’économie française.
L’agriculture pèse aujourd’hui 1,4 % de l’économie française, contre 1,7 % en 2003 : son repli n’entraîne pas mécaniquement tout le PIB, même s’il reste un signal à suivre.
Quelle implication concrète pour votre budget et vos crédits ?
Une croissance plus faible que prévu réduit mécaniquement les recettes fiscales attendues par l’État, à un moment où le budget 2027 est déjà scruté de près par les marchés.
Moins de marge budgétaire signifie une pression supplémentaire sur l’arbitrage entre dépenses publiques et niveau de la dette, ce qui entretient la prime de risque payée par la France sur ses emprunts.
Pour les ménages, ce ralentissement se traduit d’abord par un marché de l’emploi plus incertain : les créations de postes suivent généralement le rythme de l’activité, donc un PIB en retrait limite les embauches dans les secteurs les plus exposés à la chaleur, comme le BTP ou le tourisme.
Sur le crédit, le lien est moins direct : une croissance faible pousse en théorie les taux vers le bas, mais la France emprunte aujourd’hui avec une prime liée à sa trajectoire budgétaire, ce qui limite cette baisse malgré un PIB moins dynamique.
Ces chiffres restent des estimations : la Banque de France et Bercy les ajusteront lors des prochaines publications, selon la météo et la consommation des ménages sur l’été.
En résumé
Un quart des grandes entreprises et l’agriculture ont ressenti l’impact des trois vagues de canicule de l’été 2026, un signal qui a pesé sur la révision de la croissance 2026 de 0,9 % à 0,7 % par le gouvernement.
La Banque de France, elle, table sur 0,2 % de croissance au deuxième trimestre, un chiffre positif qui écarte pour l’instant le scénario d’une récession.
Pour les ménages, l’enjeu se joue surtout sur l’emploi et la marge budgétaire de l’État, deux facteurs qui pèseront sur le débat du budget 2027 dans les prochains mois.





