Ce mercredi 22 juillet 2026, la Caisse des Dépôts a confirmé que les épargnants ont retiré 5,93 milliards d’euros nets du Livret A depuis le début de l’année, un niveau jamais atteint sur un premier semestre depuis 2008. La baisse du taux à 1,5 % a poussé une partie des ménages vers d’autres placements.
L’essentiel
Ce repli inhabituel intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste sous tension et où les taux d’épargne réglementée peinent à suivre l’inflation.
Combien d’argent les Français ont-ils retiré du Livret A ?
Sur les six premiers mois de 2026, la décollecte nette du Livret A atteint 5,93 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts.
En y ajoutant le LDDS, qui perd de son côté 960 millions d’euros, le retrait net combiné grimpe à 6,89 milliards d’euros depuis le 1er janvier.
C’est la pire performance enregistrée sur un premier semestre depuis 2008, année de référence pour le début des séries consolidées. L’écart avec les années précédentes est net : le premier semestre 2025 s’était soldé par une collecte positive de 6,03 milliards d’euros, celui de 2024 par plus de 15 milliards, et celui de 2023 par un record de 26 milliards.
Le seul précédent comparable reste la décollecte du second semestre 2015, qui avait atteint 6,86 milliards d’euros. Au 30 juin 2026, l’encours cumulé du Livret A et du LDDS s’élève à 608,3 milliards d’euros, en recul de 0,1 % sur un an, pour 57,3 millions de détenteurs en France.
Pourquoi les épargnants délaissent-ils leur Livret A ?
La cause principale avancée par la Caisse des Dépôts tient au niveau du taux de rémunération, fixé à 1,5 % depuis février, un rendement jugé peu attractif face aux autres placements disponibles.
L’assurance-vie en fonds euros, en particulier, affiche un rendement moyen de 2,63 % en 2026, ce qui explique pourquoi certains épargnants redirigent une partie de leur épargne de précaution vers ce support.
Le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Ce nouveau taux reste néanmoins inférieur à l’inflation mesurée par l’Insee en juin (1,8 % sur un an), ce qui signifie que le rendement réel de cette épargne demeure légèrement négatif pour l’instant.
Quel impact concret sur votre budget et vos projets de crédit ?

Un rendement plus faible ne change rien à l’intérêt du Livret A comme réserve de précaution : il reste disponible immédiatement, sans fiscalité, ce qui compte davantage qu’un demi-point de taux quand il s’agit de faire face à une dépense imprévue.
Ce point pèse aussi dans un dossier de crédit. Un banquier qui étudie une demande de prêt immobilier regarde la constitution de l’apport et la régularité de l’épargne du demandeur : un Livret A alimenté chaque mois, même modestement, reste souvent plus rassurant pour l’établissement prêteur qu’une épargne uniquement logée dans un contrat moins liquide.
Pour les ménages éligibles sous conditions de ressources, le Livret d’épargne populaire (LEP), rémunéré à 2,5 %, reste l’option la plus intéressante en rendement réel, au-dessus de l’inflation actuelle.
| Placement | Taux actuel | Conditions |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % (1,7 % dès le 1er août 2026) | Aucune condition de ressources |
| LEP | 2,5 % | Sous conditions de ressources |
| Assurance-vie (fonds euros) | 2,63 % en moyenne | Fiscalité selon la durée du contrat, retrait moins immédiat qu’un livret |
Selon les données publiées par Boursorama, cette décollecte record illustre un arbitrage plus large des ménages face à un contexte de taux mouvant.
En résumé
Le Livret A traverse son pire premier semestre depuis 2008, avec 5,93 milliards d’euros retirés, un mouvement amplifié par un taux de 1,5 % jugé peu compétitif.
La hausse à 1,7 % dès août ne suffira pas à rattraper totalement l’inflation, ce qui pousse certains épargnants vers l’assurance-vie ou, pour les ménages éligibles, vers le LEP.
Pour autant, garder une épargne de précaution disponible sur ce livret reste utile, y compris pour présenter un dossier de crédit solide.





