Ce mercredi 22 juillet 2026, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a publié un rapport qui pointe une zone grise financière méconnue : à 61 ans, plus d’une personne sur quatre n’est ni en emploi ni à la retraite, une proportion qui grimpe à près de 40% chez les ouvriers et les métiers peu qualifiés.
L’essentiel
Que dit ce rapport sur l’emploi des seniors ?
Emmanuelle Prouet et Eva Tranier ont rédigé ce document, sous la responsabilité du haut-commissaire Clément Beaune. Il porte un titre clair : Emploi des seniors, comment favoriser l’emploi jusqu’à la retraite ?
Le constat de départ n’est pas totalement négatif. Le taux d’emploi des 55-59 ans a rattrapé, et même dépassé, la moyenne européenne ces vingt dernières années.
Le problème se situe plus tard. Passé 60 ans, le taux d’emploi français reste nettement en retrait par rapport aux autres pays européens, avec une chute marquée dès la soixantaine.
Les chiffres qui inquiètent sur la fin de carrière
Le rapport chiffre précisément ce décrochage : à 61 ans, plus d’une personne sur quatre n’est plus en poste sans être pour autant à la retraite. Elle a déjà quitté le marché du travail, sans pouvoir encore liquider ses droits.
Cet écart se creuse fortement selon les métiers. Chez les ouvriers et les postes peu qualifiés, près de 40% des actifs quittent leur emploi de façon précoce, bien avant l’âge légal de départ.
La formation professionnelle accentue cet effet. Entre 2022 et 2024, seulement un tiers des 55-64 ans en France a suivi une formation, contre plus d’un actif sur deux en Suède et au Danemark.
Le cumul emploi-retraite permet déjà de reprendre une activité tout en touchant sa pension, sous certaines conditions de plafond. Le rapport recommande d’évaluer les restrictions prévues sur ce dispositif à partir de 2027, ainsi que d’élargir la retraite progressive, qui autorise un temps partiel dès 60 ans avec une fraction de pension en complément.
Pourquoi cette zone grise entre emploi et retraite existe ?
Plusieurs mécanismes expliquent ce trou dans le parcours de fin de carrière. Une rupture conventionnelle ou un licenciement ouvre droit au chômage, mais cette indemnisation s’arrête souvent avant l’âge de départ à la retraite.
D’autres seniors basculent en invalidité ou en inactivité, sans revenu de remplacement suffisant. Les auteurs du rapport plaident donc pour traiter les seniors comme des actifs à part entière, avec un accompagnement préparé bien avant la fin de carrière plutôt qu’une gestion au moment de la rupture.
Ce que ça change concrètement pour votre budget et votre crédit ?
Si vous approchez de la soixantaine, ou si l’un de vos proches s’y trouve, cette période d’instabilité financière mérite d’être anticipée. Une baisse ou une interruption de revenus sur plusieurs mois, voire plusieurs années, complique le remboursement d’un crédit en cours.
Un rachat de crédits permet parfois d’alléger les mensualités le temps de retrouver un équilibre. Encore faut-il monter le dossier avant cette rupture, tant que les relevés bancaires affichent encore un salaire régulier.
Le statut de demandeur d’emploi senior, sans salaire fixe, complique aussi l’accès à un nouveau crédit à la consommation. Les organismes prêteurs demandent alors des justificatifs de revenus alternatifs : allocation chômage, pension d’invalidité ou retraite progressive.
Sur l’épargne, continuer à alimenter un plan d’épargne retraite (PER) durant cette période reste utile si le budget le permet, pour lisser l’écart avant la liquidation des droits.
En résumé
Un quart des Français de 61 ans se retrouvent dans un entre-deux financier, sans emploi ni pension. Le rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan appelle à mieux anticiper cette transition, notamment par la formation professionnelle et un usage plus large de la retraite progressive.
En attendant une réponse des pouvoirs publics, mieux vaut anticiper ce cap dans son budget personnel : vérifier ses droits, adapter son épargne et éviter d’arriver à cette période avec un crédit trop lourd à porter.
Source : le rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan.





