Ce vendredi 24 juillet 2026, la fintech grenobloise Blockchain Process Security a obtenu l’agrément MiCA de l’AMF, devenant la 33e plateforme crypto autorisée en France. Une licence qui reste rare trois semaines après la fin de la période transitoire des anciens PSAN.
L’essentiel
Qu’est-ce que la licence MiCA et pourquoi si peu d’acteurs l’ont déjà ?
MiCA (Markets in Crypto-Assets) est le règlement européen qui encadre les prestataires de services sur crypto-actifs depuis fin 2024. Il remplace progressivement l’ancien statut français de PSAN, jugé moins protecteur pour les épargnants.
La période transitoire qui permettait aux PSAN de continuer à opérer sans ce nouvel agrément s’est achevée le 1er juillet 2026. Depuis cette date, seules les plateformes titulaires du statut de prestataire de services sur crypto-actifs peuvent légalement proposer leurs services en France.
L’AMF prévoit de publier une liste noire des prestataires non autorisés et peut engager des actions pour bloquer l’accès à leurs sites en France. Vérifiez toujours qu’une plateforme figure sur la liste des acteurs agréés avant d’y déposer des fonds.
Qui est Blockchain Process Security ?
Fondée à Grenoble en 2018 par Chloé Desenfans et Nicolas Marchesse, l’entreprise s’est d’abord fait connaître via ses filiales Feel Mining et Wigl, actives dans le minage de cryptomonnaies, les paiements et la gestion de patrimoine numérique.
L’obtention de l’agrément MiCA-PSCA lui permet désormais d’exercer ces activités sous un cadre réglementaire européen unifié, avec des exigences proches de celles de la finance traditionnelle : fonds propres, séparation des avoirs clients, gouvernance et lutte contre le blanchiment.
Un marché encore restreint : 33 acteurs contre 120 anciens PSAN
Le chiffre donne la mesure du tri opéré par MiCA. Plus de 120 prestataires étaient enregistrés sous l’ancien statut PSAN en France. Trois semaines après la fin de la période transitoire, seuls 33 ont obtenu l’agrément complet auprès de l’AMF.
À l’échelle européenne, l’Allemagne compte déjà 57 licences accordées, davantage que la France. Cet écart traduit des rythmes d’instruction différents d’un régulateur national à l’autre, mais aussi le fait que certains acteurs ont choisi de passer par un autre pays de l’Union pour y obtenir leur passeport européen.
Parmi les entreprises françaises récemment agréées figurent aussi Woorton, Finary, Aplo ou Paymium, sur des activités allant de la plateforme d’échange à la gestion d’actifs.
Ce que ça change pour les détenteurs de cryptos en France
Pour un particulier qui détient ou envisage d’acheter des cryptomonnaies, ce type d’agrément est un repère concret avant de choisir une plateforme : il garantit un contrôle a minima des fonds propres et de la séparation des avoirs clients par l’AMF.
Ça ne protège pas pour autant de la volatilité propre à ces actifs. Un prestataire agréé MiCA reste soumis aux mêmes variations de marché que n’importe quelle plateforme non régulée : l’agrément porte sur la solidité du prestataire, pas sur la valeur des actifs qu’il propose.
Les PSAN qui n’ont pas obtenu leur agrément et qui n’ont pas prévu de cessation ordonnée de leurs activités avant le 30 mars 2026 s’exposent, comme leurs clients, à un vide juridique sur la récupération des avoirs déposés. Mieux vaut donc vérifier le statut réglementaire de sa plateforme avant d’y laisser des fonds, plutôt qu’après un incident.
Pour consulter la liste à jour des prestataires agréés en France, direction le site de l’Autorité des marchés financiers.
En résumé
Blockchain Process Security devient la 33e plateforme crypto agréée MiCA en France, un cadre réglementaire qui reste sélectif trois semaines après la fin de la période transitoire des anciens PSAN. Pour les détenteurs de cryptos, l’agrément MiCA offre une garantie sur le sérieux du prestataire, jamais sur la valeur de l’actif détenu : la prudence reste de mise face à la volatilité du marché.





