Ce mercredi 22 juillet 2026, la Fédération bancaire française a alerté sur la menace que fait peser la réglementation européenne Bâle III sur le crédit immobilier à taux fixe, qui représente aujourd’hui 99 % des prêts accordés en France.
L’essentiel
Qu’est-ce que la FBF a annoncé ce 22 juillet ?
La Fédération bancaire française (FBF) a alerté sur les conséquences d’une application complète des règles prudentielles européennes issues des accords de Bâle III.
Sa directrice générale, Maya Atig, a résumé le dilemme qui attend les banques françaises : « Soit il y aura moins de crédits, soit ils coûteront nettement plus chers, soit ce ne sera plus possible de faire du taux fixe. »
Cette déclaration concerne le crédit immobilier tel qu’il est pratiqué en France depuis deux décennies : un taux fixe, plafonné par la loi, garantissant des mensualités stables sur vingt à vingt-cinq ans.
Pourquoi la réglementation Bâle III menace le taux fixe français ?
Le taux fixe français repose sur un modèle particulier : la banque porte seule le risque de taux sur toute la durée du prêt, contrairement au Royaume-Uni, à l’Espagne ou à l’Italie, où les taux variables dominent.
Ce modèle fonctionne tant que les exigences de fonds propres imposées aux banques restent modérées sur ce type de crédit. C’est justement ce que les nouvelles règles européennes remettent en cause.
Les banques françaises bénéficient pour l’instant d’une période transitoire, avec des exigences en capital allégées pour les crédits immobiliers. Cette période s’achève en 2032.
La période transitoire court jusqu’en 2032 : rien ne change dans l’immédiat sur les taux proposés aux emprunteurs actuels. Le risque porte sur les crédits accordés une fois les nouvelles règles de fonds propres pleinement appliquées.
Qu’est-ce que ça change concrètement pour votre crédit immobilier ?
Si les banques doivent immobiliser davantage de capital pour chaque prêt à taux fixe, elles ont trois leviers pour compenser ce coût supplémentaire.
Le premier consiste à réduire le volume de crédits accordés, en resserrant les critères d’acceptation des dossiers. Le deuxième revient à augmenter les taux proposés aux emprunteurs.
Le troisième, le plus radical, consisterait à basculer une partie de l’offre vers des taux variables, à l’image de ce qui se pratique déjà chez la plupart des voisins européens de la France.
Pour un ménage qui envisage un achat immobilier dans les prochaines années, l’échéance de 2032 semble lointaine. Elle pèsera pourtant sur les conditions d’emprunt proposées par les banques d’ici là, à mesure que les négociations européennes avancent.
La Fédération bancaire française plaide désormais pour que la France défende ce modèle de taux fixe dans les négociations européennes à venir.
En résumé
La Fédération bancaire française a mis en garde ce 22 juillet 2026 : la réglementation Bâle III menace le crédit immobilier à taux fixe, qui reste la norme pour 99 % des prêts en France.
La période transitoire actuelle protège les emprunteurs jusqu’en 2032, mais l’issue des négociations européennes déterminera si la France peut conserver ce modèle ou devra l’adapter.





