Publiée ce jeudi 2 juillet 2026, une étude conjointe de l’Insee et de la Dares montre que seuls 35% des métiers du secteur privé ont vu leur pouvoir d’achat progresser entre 2019 et 2024. Les cadres administratifs et les ingénieurs comptent parmi les grands perdants de la période, tandis que les professions de santé tirent leur épingle du jeu.
L’essentiel
Une étude qui date la perte de pouvoir d’achat depuis 2019
L’Insee et la Dares ont comparé le salaire net réel à temps plein de 343 métiers du secteur privé entre 2019 et 2024.
Sur cette période, le salaire net moyen a atteint 2 820 euros par mois en 2024, en hausse nominale de 15,7% par rapport à 2019.
Une fois l’inflation déduite, cette progression tombe à 0,8%. La période couvre la crise du Covid et la poussée inflationniste qui a suivi, ce qui explique cet écart entre salaire affiché et salaire réellement disponible.
Qui a gagné, qui a perdu du terrain ?
Seuls 121 métiers sur 343, soit 35% des professions étudiées, affichent un pouvoir d’achat en hausse sur la période. Les 222 autres reculent.
Les professions de l’information, des arts et du spectacle perdent le plus de terrain, avec un repli de 7,1%. Les ingénieurs et cadres techniques suivent avec -4,3%, devant les professions intermédiaires administratives (-3,3%) et les cadres administratifs et commerciaux (-2,9%).
À l’inverse, les professions de santé progressent nettement : dentistes, psychologues et vétérinaires gagnent jusqu’à 5,7%, médecins et pharmaciens 4,6%, l’ensemble du secteur santé 3,7%.
| Catégorie de métiers | Évolution 2019-2024 |
|---|---|
| Information, arts, spectacles | -7,1% |
| Ingénieurs et cadres techniques | -4,3% |
| Professions intermédiaires administratives | -3,3% |
| Cadres administratifs et commerciaux | -2,9% |
| Ensemble des professions de santé | +3,7% |
| Médecins et pharmaciens | +4,6% |
| Dentistes, psychologues, vétérinaires | +5,7% |
Ce que ça change concrètement pour votre budget et votre crédit
Une capacité d’emprunt se calcule sur le revenu net, avec un taux d’effort plafonné à 35% par les règles du HCSF.
Si ce revenu stagne en euros constants alors que les prix de l’immobilier ou de la vie courante augmentent, la part réellement empruntable se réduit d’une année sur l’autre, même à salaire affiché stable.
Un cadre technique ou un salarié de l’information dont le pouvoir d’achat a reculé de plusieurs points depuis 2019 emprunte donc aujourd’hui un montant plus faible qu’un profil équivalent en 2019, à mensualité identique.
Mieux vaut donc recalculer sa capacité d’emprunt sur son salaire réel, pas sur son salaire affiché, avant tout projet immobilier ou crédit conso.
Ces chiffres restent des moyennes par catégorie socioprofessionnelle. Votre situation individuelle peut varier fortement selon votre ancienneté, votre secteur ou votre région, donc mieux vaut comparer votre propre bulletin de salaire à l’inflation plutôt que de vous fier à ces seules moyennes.
Selon l’étude relayée par MoneyVox, cet écart entre salaire nominal et salaire réel reste la donnée à surveiller avant tout engagement financier de long terme.
En résumé
Entre 2019 et 2024, seuls 35% des métiers du privé ont vu leur pouvoir d’achat progresser, selon l’Insee et la Dares. Les cadres techniques et administratifs reculent, la santé progresse.
Pour un projet de crédit ou d’achat immobilier, mieux vaut raisonner en salaire réel qu’en salaire affiché, l’écart entre les deux ayant nettement grandi depuis 2019.





