En Bref
Découvrir une ligne « surprime » dans sa proposition d’assurance surprend toujours, surtout quand la banque a déjà donné son accord pour le prêt.
La surprime d’assurance emprunteur est une majoration que l’assureur applique quand il estime que votre profil présente un risque supérieur à la moyenne.
Elle peut peser plusieurs dizaines d’euros par mois, mais elle se chiffre, se discute et peut se réduire.
Qu’est-ce qu’une surprime, et sur quelles garanties s’applique-t-elle ?

Une surprime est un pourcentage ajouté à la cotisation normale d’une garantie.
L’assureur la fixe garantie par garantie : elle ne frappe donc pas forcément tout le contrat.
Une assurance de prêt immobilier couvre en principe le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’incapacité temporaire de travail (ITT) et l’invalidité permanente, selon le ministère de l’Économie (Bercy infos, 9 avril 2025).
Une surprime de 50 % sur le décès et de 75 % sur l’ITT et l’IPT n’a donc pas le même effet qu’une majoration uniforme de 50 % sur tout le contrat.
Qu’est-ce qui déclenche une surprime : santé, tabac, métier, sport ?

Le premier déclencheur est médical : le questionnaire de santé révèle un diabète, une hypertension, un antécédent de cancer ou une pathologie du dos, et l’assureur pose un taux de majoration.
À titre indicatif, un courtier spécialisé en risques aggravés publie des fourchettes de surprime sur la garantie décès : 25 à 75 % pour la maladie de Crohn, 50 à 150 % pour un diabète de type 1 (courtage-assurance-emprunteur.fr, mise à jour du 23 juillet 2025).
Le mode de vie compte aussi : un courtier situe la majoration d’un fumeur autour de 25 %, et le statut de non-fumeur s’obtient après deux ans d’arrêt (Empruntis, 4 mai 2026).
Un métier exposé, un sport à risque ou l’âge à l’échéance du prêt peuvent également entraîner une majoration (Guide du Crédit, consulté en octobre 2026).
Ces pourcentages sont des ordres de grandeur publiés par des intermédiaires, pas des tarifs officiels. Seule la proposition écrite de l’assureur fait foi pour votre dossier.
Le questionnaire vous engage : une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances), d’où l’intérêt de le remplir avec précision (Guide du Crédit, consulté en octobre 2026).
Combien une surprime ajoute-t-elle en euros sur la durée du prêt ?

Un pourcentage seul ne dit rien du coût réel : il faut le rapporter à la cotisation de base et à la durée.
Exemple type : un prêt de 200 000 € sur 20 ans, assuré à 0,30 % du capital initial par an, coûte 600 € par an, soit 50 € par mois et 12 000 € sur la durée.
| Scénario | Cotisation mensuelle | Surcoût mensuel | Surcoût sur 20 ans |
|---|---|---|---|
| Sans surprime | 50,00 € | 0 € | 0 € |
| +50 % sur toutes les garanties | 75,00 € | 25,00 € | 6 000 € |
| +100 % sur toutes les garanties | 100,00 € | 50,00 € | 12 000 € |
| +50 % sur le décès, +75 % sur l’ITT et l’IPT | 81,25 € | 31,25 € | 7 500 € |
Dans le dernier cas, la cotisation annuelle passe de 600 € à 975 €.
La répartition à parts égales entre décès et ITT/IPT est une hypothèse de calcul : elle varie selon le contrat.
La base de cotisation change aussi la facture : sur le capital initial, la cotisation reste fixe, alors que sur le capital restant dû elle diminue avec le temps, et la surprime avec elle.
Le surcoût pèse enfin sur votre capacité d’emprunt, car le plafond d’endettement de 35 % fixé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), assurance comprise, s’applique en principe à toute demande de prêt immobilier.
Avec 4 000 € de revenus mensuels, les 31,25 € du cas mixte représentent 0,78 point de ce plafond.
Estimez le surcoût de votre surprime en six champs
Cet outil applique votre pourcentage de surprime à la cotisation de base, calculée sur le capital initial, et en déduit le surcoût mensuel, le surcoût total et son poids dans vos revenus.
Estimation indicative : cotisation calculée sur le capital initial, avec une répartition supposée à parts égales entre décès/PTIA et ITT/IPT quand une seule famille de garanties est majorée.
Surprime, exclusion ou refus : comment lire la proposition de l’assureur ?

Face à un risque aggravé, l’assureur dispose de trois réponses, qui n’ont ni le même coût ni la même portée.
- Surprime : la garantie est accordée, avec une cotisation majorée.
- Exclusion : la garantie existe, mais ne joue pas pour la pathologie ou la cause visée.
- Refus : l’assureur ne couvre pas la garantie demandée.
Dans le cadre de la convention AERAS (s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), une proposition peut être assortie d’une exclusion ou d’une surprime à chacun des trois niveaux d’examen, rappelle le ministère de l’Économie (Bercy infos, 10 février 2026).
Dans ce cadre, l’instruction de la demande dure au maximum cinq semaines et un devis transmis reste valable quatre mois (Bercy infos, 10 février 2026).
Une exclusion peut revenir plus cher qu’une surprime : sans ITT pour la pathologie concernée, un arrêt de travail lié à celle-ci laisse les mensualités à votre charge.
Avant de signer, relevez dans la proposition :
- les garanties visées par la majoration et le taux appliqué à chacune ;
- les exclusions et leur formulation exacte ;
- la base de cotisation, capital initial ou capital restant dû ;
- le coût total sur la durée du prêt, pas seulement la mensualité.
Demandez par écrit les motifs de la majoration et le taux garantie par garantie : ces éléments conditionnent toute comparaison avec un autre assureur.
Comment réduire une surprime d’assurance emprunteur ?

Vérifier que le questionnaire de santé est vraiment exigé
Depuis la loi Lemoine, le questionnaire médical a disparu pour les prêts immobiliers de moins de 200 000 € par personne dont le remboursement s’achève avant le 60e anniversaire de l’emprunteur (Bercy infos, 10 février 2026).
Sans questionnaire, l’assureur n’a aucune réponse médicale sur laquelle fonder une majoration.
Cela ne supprime pas pour autant toute tarification : l’âge, la durée et le montant continuent de jouer sur la cotisation de base.
Faire valoir le droit à l’oubli et la grille AERAS
Un cancer ou une hépatite virale C n’a pas à être déclaré si le protocole thérapeutique est terminé depuis au moins cinq ans, sans rechute, et si l’assurance arrive à échéance avant le 71e anniversaire de l’emprunteur (Bercy infos, 10 février 2026).
Pour les autres pathologies, la grille de référence AERAS liste celles qui permettent d’accéder à l’assurance dans des conditions habituelles ou proches, pour un prêt immobilier ou professionnel d’au plus 420 000 € assurés, avec une assurance qui arrive à échéance avant le 71e anniversaire (Bercy infos, 10 février 2026).
La convention AERAS n’oblige ni les banques ni les assureurs à faire une proposition d’assurance, mais elle impose un examen approfondi du dossier (Bercy infos, 10 février 2026).
Mettre les assureurs en concurrence
Depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs peuvent, par délégation d’assurance, changer leur assurance à tout moment et sans frais.
La banque dispose de 10 jours à compter de la réception du dossier complet pour répondre, et son refus doit reposer sur un motif légitime, comme la non-équivalence des garanties (Bercy infos, 9 avril 2025).
Exemple type : une surprime de +100 % porte la cotisation du prêt de 200 000 € à 100 € par mois. Si un autre assureur propose +50 % sur le même profil, la cotisation tombe à 75 €, soit 6 000 € de moins sur 20 ans.
Ce chiffre est illustratif : un nouvel assureur refait sa propre tarification, et peut aussi proposer plus cher.
Obtenez le nouveau contrat accepté par la banque avant de résilier l’ancien : la date de prise d’effet du nouveau contrat doit être indiquée à l’assureur actuel.
Agir sur ce qui peut changer, et saisir la médiation en cas de refus
Le tabac est un levier concret, car le statut de non-fumeur s’obtient après deux ans d’arrêt (Empruntis, 4 mai 2026).
En cas de refus à l’issue du troisième niveau AERAS, le courrier doit indiquer le niveau d’examen et les coordonnées de la commission de médiation, et le prêteur examine avec vous des garanties alternatives, comme une caution ou une hypothèque (Bercy infos, 10 février 2026).
En résumé
Une surprime est une majoration garantie par garantie, qui se mesure en euros sur la durée du prêt et pas seulement en pourcentage.
Avant de l’accepter, vérifiez si le questionnaire de santé est exigé, si le droit à l’oubli ou la grille AERAS s’appliquent, et lisez la proposition ligne par ligne.
Si le tarif reste élevé, la mise en concurrence des assureurs, possible à tout moment depuis septembre 2022, reste le levier le plus direct.
Questions pratiques
Puis-je refuser une surprime et garder mon prêt ?
Oui, si une autre assurance couvre les garanties exigées par la banque. Vous restez libre de choisir l’assureur, et la banque ne peut pas modifier les conditions du prêt parce que vous optez pour un contrat externe (Bercy infos, 9 avril 2025).
La surprime concerne-t-elle les deux co-emprunteurs ?
Elle se fixe pour chaque assuré selon son propre profil, et le seuil de 200 000 € de la dispense de questionnaire s’apprécie par personne. Un co-emprunteur en bonne santé peut donc ne subir aucune majoration.
Une surprime est-elle définitive ?
Elle est fixée par le contrat signé, mais elle n’enferme pas l’emprunteur : si votre situation évolue, par exemple après cinq ans sans rechute d’un cancer, un nouveau devis ailleurs peut aboutir à un tarif plus bas.
Quelle différence entre surprime et taux d’assurance ?
Le taux d’assurance exprime le coût annuel de la couverture en pourcentage du capital. La surprime est une majoration appliquée à la cotisation d’une garantie, qui fait donc monter ce taux.





