Ce jeudi 23 juillet 2026, un rapport de la société de sécurité CertiK confirme que la France concentre à elle seule environ deux tiers des attaques violentes visant des détenteurs de cryptomonnaies dans le monde, un phénomène déjà pris en compte par un plan gouvernemental depuis début juillet.
L’essentiel
Ce que révèle le nouveau rapport CertiK
La société de sécurité CertiK a publié le 23 juillet 2026 un décompte des attaques coercitives liées aux crypto-actifs dans le monde, sur la base du premier semestre 2026.
Sur 52 attaques recensées mondialement, 33 se sont produites en France, soit environ deux tiers du total. Ce chiffre mondial progresse de 33 % par rapport au premier semestre 2025, pour un préjudice cumulé estimé à 124 millions de dollars.
Ces attaques, aussi appelées « wrench attacks », consistent à forcer une victime à livrer ses clés privées, à déverrouiller un portefeuille matériel ou à ordonner un transfert de fonds, généralement à son domicile.
| Indicateur (CertiK, S1 2026) | Valeur |
|---|---|
| Attaques coercitives dans le monde | 52 |
| Dont en France | 33 (environ deux tiers) |
| Évolution vs S1 2025 | + 33 % |
| Préjudice total estimé | 124 millions de dollars |
Source : rapport CertiK, 23 juillet 2026.
Le cas le plus médiatisé reste celui de David Balland, cofondateur de Ledger, enlevé avec sa femme le 21 janvier 2025 à leur domicile de Méreau, près de Vierzon. Séquestré 24 heures et mutilé par ses ravisseurs, il avait été libéré par le GIGN. Cet épisode a marqué le point de départ d’une vigilance accrue autour de la sécurité physique des détenteurs de crypto-actifs en France.
« La discrétion est une protection », rappelle la police nationale dans ses recommandations aux détenteurs de crypto-actifs.
Un phénomène déjà pris au sérieux par le gouvernement

Ces nouveaux chiffres confirment une tendance déjà signalée par les autorités françaises. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé, le 30 juin 2026 devant l’ADAN, une hausse des cas recensés en France, passés de 45 en 2025 à 77 depuis janvier 2026.
Un plan d’action en trois axes avait suivi début juillet, articulé autour du renseignement international, d’un partenariat avec l’ADAN et d’une coordination policière renforcée. Le rapport CertiK ne modifie pas ce dispositif, mais il en confirme l’urgence à l’échelle internationale.
Cette vigilance s’inscrit dans un contexte plus large de régulation renforcée du secteur crypto en France, entre l’échéance MiCA imposée aux plateformes d’échange et le renforcement de la liste noire des plateformes non autorisées tenue par l’AMF et l’ACPR.
Quelles précautions concrètes pour les détenteurs de crypto-actifs ?
Au-delà de l’action policière, le ministère de l’Intérieur publie des recommandations pratiques destinées à tous les détenteurs de crypto-actifs, pas seulement aux professionnels du secteur.
- Éviter d’exposer ses gains sur les réseaux sociaux, ne jamais publier de captures d’écran de portefeuille.
- Sécuriser l’accès aux comptes avec des mots de passe robustes et une double authentification.
- Conserver sa phrase de récupération (12 à 24 mots) hors ligne, sur un support physique durable.
- Mettre en place une signature multiple (multisig) impliquant plusieurs personnes de confiance, avec un délai de déblocage des fonds importants.
- Préparer un protocole d’urgence : en cas d’enlèvement, contacter immédiatement le 17 et noter les références des comptes concernés.
Ces attaques ne touchent pas uniquement les fortunes très élevées ni les seuls professionnels du secteur : plusieurs victimes recensées en 2026 étaient des particuliers ayant simplement affiché leurs gains en ligne. CertiK souligne elle-même que ses chiffres restent une estimation basse, une partie des victimes ne signalant pas ces faits.
En résumé
Avec 33 des 52 attaques crypto mondiales recensées par CertiK au premier semestre 2026, la France reste le pays le plus touché par ce type de violence.
Le plan gouvernemental lancé début juillet et les recommandations officielles de sécurité existent déjà pour limiter l’exposition des détenteurs de crypto-actifs.
La prudence individuelle, notamment la discrétion sur les réseaux sociaux et la sécurisation des accès, demeure la première ligne de défense en attendant que ces mesures portent leurs fruits.





